Nos autres engagements disent ce que nous nous interdisons. Celui-ci dit ce qu’une organisation qui équipe ses équipes s’interdit d’en faire, et la seule chose qu’elle s’engage à faire. Il est annexé à son contrat.
7 engagements, que Kalisme peut opposer à l’organisation.
Les 13 livres de Kalisme commencent tous par les mêmes deux mots : « Tu peux ». Ce sont des permissions, pas des consignes. Et une permission se retourne facilement.
« Tu peux t’arrêter avant d’être à bout » donne un droit à une personne. Prononcée par un encadrant devant quelqu’un qui vient de craquer, la même phrase devient « vous auriez dû savoir vous arrêter », et une défaillance de l’organisation se transforme en faute personnelle.
Donner des permissions à des personnes dont la charge, les effectifs et les pratiques d’encadrement ne bougent pas creuse un écart entre ce qu’elles s’autorisent et ce qu’elles obtiennent. Cet écart est un moteur connu de cynisme.
Nous refusons de vendre un outil qui produirait cela. Cette charte est le seul moyen que nous ayons de le refuser par écrit, avant la signature plutôt qu’après l’incident.
Les 6 premiers disent ce que l’organisation s’interdit, le 7e ce qu’elle fait. Tous engagent l’organisation signataire, pas ses salariés, et ils ne remplacent ni n’allègent aucune obligation de l’employeur : celles-ci existent avant eux et leur survivent.
L’organisation s’interdit d’invoquer Kalisme, son vocabulaire ou sa mise à disposition pour justifier, maintenir ou augmenter une charge de travail, un rythme, des effectifs insuffisants, des horaires ou une exposition connue.
Dire qu’une période est difficile et proposer Kalisme parmi d’autres choses, à condition de ne jamais le présenter comme la réponse à cette difficulté, ni comme une contrepartie.
Kalisme relève de la prévention secondaire : il outille une personne face à sa situation de travail, il n’agit jamais sur la situation elle-même. La charge, les horaires et les effectifs relèvent de la prévention primaire, que seul l’employeur peut conduire.
L’organisation s’interdit d’invoquer Kalisme pour obtenir d’une personne qu’elle tolère un comportement abusif : harcèlement moral ou sexuel, humiliation, discrimination, violence verbale, mise à l’écart, ou dépassement répété de ce que la loi autorise.
Rien. C’est le seul engagement sans zone grise. Ce qui touche à un signalement ne passe jamais par Kalisme, à aucun moment, sous aucune forme.
Le corpus dit exactement l’inverse, et il le dit dans ses titres : « Tu peux refuser ce qui te coûte la paix », « Tu peux choisir qui t’entoure ». Un texte qui apprend à poser des limites, retourné pour faire taire quelqu’un qui vient d’en poser une, ne sert plus à ce pour quoi il a été écrit. Et un signalement reste un signalement : il déclenche les obligations de l’employeur, il ne se traite pas par une lecture.
L’organisation s’interdit de présenter Kalisme comme un substitut, un préalable ou un filtre à un accompagnement médical, psychologique ou social, et de réduire un dispositif existant en s’appuyant sur sa mise en place.
Mentionner Kalisme à côté des dispositifs existants, jamais avant eux dans un parcours d’orientation.
Kalisme n’est ni une thérapie, ni un dispositif médical, ni une prestation humaine. Personne chez Kalisme n’entre en relation avec un salarié. La visite à la demande du salarié est de droit, gratuite, confidentielle, et ne passe pas par la hiérarchie : rien de ce qui est proposé ici ne l’abrège ni ne la précède.
L’organisation s’interdit d’utiliser Kalisme, son vocabulaire ou ses indicateurs d’usage pour attribuer à des personnes une difficulté qui relève de l’organisation du travail : charge, effectifs, clarté des rôles, soutien, reconnaissance, pratiques d’encadrement.
Constater qu’un collectif va mal et agir sur ses causes. Kalisme n’a rien à dire à cette étape, et il ne doit pas y figurer.
Aucun agrégat d’usage n’est un indicateur de santé, et aucun résultat de ce dispositif, bon ou mauvais, ne dit quoi que ce soit de votre organisation du travail. Un bon chiffre ne vaut pas quitus, un mauvais chiffre n’accuse personne.
L’organisation s’interdit de faire de Kalisme une norme de comportement attendue : tenue émotionnelle, expression obligatoire d’un état positif, disqualification implicite du désaccord, de la fatigue ou de la colère.
Se réclamer publiquement de Kalisme comme d’un choix que l’organisation a fait. Pas en attendre une manière d’être de ses salariés, ni le citer pour clore une discussion.
Kalisme ne fixe aucun niveau à atteindre et ne classe pas les personnes qui s’en servent : il n’y a là rien que l’encadrement puisse attendre ou évaluer. Exiger de quelqu’un qu’il paraisse apaisé lui ajoute un travail émotionnel, c’est-à-dire exactement la charge que ces textes cherchent à alléger.
L’organisation s’interdit d’utiliser Kalisme, l’activation d’un siège ou la maîtrise de son vocabulaire comme un critère d’appréciation : entretien annuel, évaluation, promotion, mobilité, période d’essai, constitution d’équipe, ou toute décision de carrière. Aucun avantage, prime, défi, classement ni communication nominative n’est conditionné à l’usage.
Rien. L’usage comme le non-usage n’entrent dans aucune appréciation, sous aucune forme, y compris élogieuse : féliciter publiquement les personnes qui pratiquent crée la même contrainte que reprocher aux autres de ne pas le faire.
Il y a ici deux verrous, et un seul est technique. Aucune table, aucune clé, aucun journal ne relie une personne à un contenu ni à un usage de l’application : cette donnée n’existe pas, et personne ne peut la produire, ni vous, ni nous, ni sur injonction. Deux réserves, que nous préférons écrire ici. La première : pour appliquer les plafonds quotidiens de Kal, le serveur qui lui achemine les messages les compte, siège par siège, pour la journée. Ce compte ne contient aucun message, ne sert qu’à la journée en cours, et s’efface ensuite. La seconde : quand l’organisation invite par e-mail, la table des sièges conserve, pour chaque personne, l’adresse à laquelle elle a été invitée, si son accès est ouvert, depuis quand, et sur combien d’appareils. Votre portail vous le montre, avec les invitations encore en attente pendant les trente jours qu’elles durent : c’est ce qui vous permet de renvoyer une invitation, et de retirer son siège à une personne qui quitte l’organisation. L’adresse est effacée quand l’accès prend fin, ou trente jours après la fin du contrat. Rien de ce qui est fait dans l’application n’y figure. Avec un lien d’équipe, aucune adresse n’est conservée. Le verrou humain, lui, n’existe pas : une appréciation n’a besoin d’aucune donnée pour être portée, une phrase en réunion suffit. C’est la raison d’être de cet engagement.
L’organisation s’engage à ne pas présenter Kalisme comme une réponse suffisante à un risque qu’elle a déjà constaté par écrit : un risque inscrit à son document unique d’évaluation des risques, remonté par son comité social et économique, ou signalé par son service de prévention et de santé au travail. Sur ces constats, et sur ceux-là seulement, elle en examine les causes et informe ses instances de ce qu’elle en fait, que Kalisme soit déployé ou non.
Aucun diagnostic nouveau, aucun délai imposé, aucun résultat promis, aucun compte à nous rendre. Le mot qui borne tout cet article est « déjà » : il ne vise que les constats que vous avez vous-même écrits.
C’est le seul engagement de cette charte qui demande d’agir, et c’est ce qui la sépare d’une simple promesse de ne pas nuire. Les 6 précédents empêchent d’instrumentaliser Kalisme, ils n’obligent à rien : une organisation peut les respecter à la lettre et laisser dormir un constat qu’elle a elle-même consigné. Nous ne vérifions pas cet engagement et nous ne le pourrions pas, puisque nous ne voyons rien de ce qui se passe chez vous. Nous l’écrivons parce que cette charte est remise à celles et ceux qui, eux, peuvent le vérifier.
CE QUE CETTE CHARTE N’EXIGE PAS DE VOUS
Une charte inapplicable finit ignorée, ce qui est pire qu’une charte absente. Nous précisons donc ses limites.
Tout salarié de l’organisation, tout élu du comité social et économique, tout professionnel de la santé au travail, sans passer par sa hiérarchie et sans en informer l’organisation.
Écrire à ethique@kalisme.com, en indiquant qu’il s’agit d’un signalement au titre de cette charte.
Le message arrive dans une boîte relevée par le fondateur de Kalisme, et par personne d’autre. Ce n’est pas un canal d’urgence : si une personne est en danger, ce sont les services d’urgence, la médecine du travail ou le droit d’alerte qui répondent, pas nous.
Nous ne qualifions aucun fait en droit du travail, nous ne nous substituons ni à l’inspection du travail, ni aux représentants du personnel, ni au service de santé au travail, et nous ne protégeons personne contre son employeur. Nous pouvons cesser de fournir un outil qui sert à mal faire. C’est tout ce que nous pouvons, et nous préférons l’écrire que le laisser espérer.
Cette charte serait malhonnête si elle n’engageait que vous.
Cette charte est annexée au contrat de siège Kalisme Pro et remise aux représentants du personnel selon les règles du droit du travail applicable. Toute modification est datée, justifiée et publiée : un engagement n’est jamais affaibli en silence. Elle peut être précisée, jamais vidée. Version 1.4 du 08.10.2026 : l’engagement 6 ajoute une seconde réserve, ce que la table des sièges conserve et ce que le portail montre quand l’organisation invite par e-mail ; notre propre engagement en retour est corrigé pour ne plus contredire ce que le portail montre ; l’engagement 5 est reformulé sans changer de portée. Aucun des 7 engagements de l’organisation n’est allégé. Version 1.3 du 29.09.2026 : l’accusé de réception d’un signalement ne porte plus de délai chiffré, la résiliation après un signalement fondé devient une faculté et non plus une obligation, et la remise aux représentants du personnel suit le droit du travail de l’organisation. Elle est rédigée et signée en français : ses traductions sont fournies à titre d’information, et en cas de divergence seule la version française fait foi.
Kalisme · Hakan Kaynar · version 1.4, octobre 2026.