KALISME PRO · CHARTE Ce que Kalisme ne doit jamais servir à faire

Nos autres engagements disent ce que nous nous interdisons. Celui-ci dit ce qu’une organisation qui équipe ses équipes s’interdit d’en faire, et la seule chose qu’elle s’engage à faire. Il est annexé à son contrat.

7 engagements, que Kalisme peut opposer à l’organisation.

La charte en 7 phrases

  • Kalisme ne justifie jamais une charge de travail.
  • Kalisme ne demande jamais d’accepter un abus.
  • Kalisme ne remplace jamais un médecin, un psychologue ou la santé au travail.
  • Kalisme ne transforme jamais un problème collectif en défaut personnel.
  • Kalisme n’impose ni calme, ni sourire, ni positivité.
  • Kalisme ne sert jamais à évaluer, classer ou surveiller une personne.
  • Et l’organisation traite les causes qu’elle connaît déjà.

Pourquoi cette charte existe

Les 13 livres de Kalisme commencent tous par les mêmes deux mots : « Tu peux ». Ce sont des permissions, pas des consignes. Et une permission se retourne facilement.

« Tu peux t’arrêter avant d’être à bout » donne un droit à une personne. Prononcée par un encadrant devant quelqu’un qui vient de craquer, la même phrase devient « vous auriez dû savoir vous arrêter », et une défaillance de l’organisation se transforme en faute personnelle.

Donner des permissions à des personnes dont la charge, les effectifs et les pratiques d’encadrement ne bougent pas creuse un écart entre ce qu’elles s’autorisent et ce qu’elles obtiennent. Cet écart est un moteur connu de cynisme.

Nous refusons de vendre un outil qui produirait cela. Cette charte est le seul moyen que nous ayons de le refuser par écrit, avant la signature plutôt qu’après l’incident.

Les 7 engagements

Les 6 premiers disent ce que l’organisation s’interdit, le 7e ce qu’elle fait. Tous engagent l’organisation signataire, pas ses salariés, et ils ne remplacent ni n’allègent aucune obligation de l’employeur : celles-ci existent avant eux et leur survivent.

1 · Kalisme ne justifie aucune charge de travail

L’organisation s’interdit d’invoquer Kalisme, son vocabulaire ou sa mise à disposition pour justifier, maintenir ou augmenter une charge de travail, un rythme, des effectifs insuffisants, des horaires ou une exposition connue.

À proscrire

  • « Vous avez Kalisme pour tenir la période. »
  • « On sait que c’est chargé, c’est pour ça qu’on vous a donné l’application. »
  • « La charge ne bougera pas cette année, mais nous vous accompagnons. »

Ce qui reste possible

Dire qu’une période est difficile et proposer Kalisme parmi d’autres choses, à condition de ne jamais le présenter comme la réponse à cette difficulté, ni comme une contrepartie.

Kalisme relève de la prévention secondaire : il outille une personne face à sa situation de travail, il n’agit jamais sur la situation elle-même. La charge, les horaires et les effectifs relèvent de la prévention primaire, que seul l’employeur peut conduire.

2 · Kalisme ne demande à personne d’accepter l’inacceptable

L’organisation s’interdit d’invoquer Kalisme pour obtenir d’une personne qu’elle tolère un comportement abusif : harcèlement moral ou sexuel, humiliation, discrimination, violence verbale, mise à l’écart, ou dépassement répété de ce que la loi autorise.

À proscrire

  • « Prenez du recul », dit à quelqu’un qui vient de signaler un fait.
  • « Kalisme vous aidera à moins réagir à sa manière de parler. »
  • « Apprenez à ne pas laisser cela vous atteindre. »

Ce qui reste possible

Rien. C’est le seul engagement sans zone grise. Ce qui touche à un signalement ne passe jamais par Kalisme, à aucun moment, sous aucune forme.

Le corpus dit exactement l’inverse, et il le dit dans ses titres : « Tu peux refuser ce qui te coûte la paix », « Tu peux choisir qui t’entoure ». Un texte qui apprend à poser des limites, retourné pour faire taire quelqu’un qui vient d’en poser une, ne sert plus à ce pour quoi il a été écrit. Et un signalement reste un signalement : il déclenche les obligations de l’employeur, il ne se traite pas par une lecture.

3 · Kalisme ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un service de santé au travail

L’organisation s’interdit de présenter Kalisme comme un substitut, un préalable ou un filtre à un accompagnement médical, psychologique ou social, et de réduire un dispositif existant en s’appuyant sur sa mise en place.

À proscrire

  • « Essayez d’abord l’application, on verra ensuite. »
  • « Maintenant que nous avons Kalisme, la ligne d’écoute fait double emploi. »
  • Inscrire le dispositif au document unique ou au plan d’action de prévention comme une mesure.

Ce qui reste possible

Mentionner Kalisme à côté des dispositifs existants, jamais avant eux dans un parcours d’orientation.

Kalisme n’est ni une thérapie, ni un dispositif médical, ni une prestation humaine. Personne chez Kalisme n’entre en relation avec un salarié. La visite à la demande du salarié est de droit, gratuite, confidentielle, et ne passe pas par la hiérarchie : rien de ce qui est proposé ici ne l’abrège ni ne la précède.

4 · Kalisme ne transforme pas un problème collectif en défaut personnel

L’organisation s’interdit d’utiliser Kalisme, son vocabulaire ou ses indicateurs d’usage pour attribuer à des personnes une difficulté qui relève de l’organisation du travail : charge, effectifs, clarté des rôles, soutien, reconnaissance, pratiques d’encadrement.

À proscrire

  • « Le dispositif existe, ceux qui vont mal ne s’en saisissent pas. »
  • « Le problème n’est pas le service, c’est la capacité de chacun à encaisser. »
  • Lire un taux d’activation faible comme un manque d’engagement des équipes.

Ce qui reste possible

Constater qu’un collectif va mal et agir sur ses causes. Kalisme n’a rien à dire à cette étape, et il ne doit pas y figurer.

Aucun agrégat d’usage n’est un indicateur de santé, et aucun résultat de ce dispositif, bon ou mauvais, ne dit quoi que ce soit de votre organisation du travail. Un bon chiffre ne vaut pas quitus, un mauvais chiffre n’accuse personne.

5 · Kalisme n’impose ni le calme, ni le sourire, ni la positivité

L’organisation s’interdit de faire de Kalisme une norme de comportement attendue : tenue émotionnelle, expression obligatoire d’un état positif, disqualification implicite du désaccord, de la fatigue ou de la colère.

À proscrire

  • « Ici, on a Kalisme : on reste zen. »
  • « Cette réaction n’est pas très Kalisme. »
  • Afficher les 13 permissions dans les locaux comme des consignes de comportement.

Ce qui reste possible

Se réclamer publiquement de Kalisme comme d’un choix que l’organisation a fait. Pas en attendre une manière d’être de ses salariés, ni le citer pour clore une discussion.

Kalisme ne fixe aucun niveau à atteindre et ne classe pas les personnes qui s’en servent : il n’y a là rien que l’encadrement puisse attendre ou évaluer. Exiger de quelqu’un qu’il paraisse apaisé lui ajoute un travail émotionnel, c’est-à-dire exactement la charge que ces textes cherchent à alléger.

6 · Kalisme ne mesure la valeur ni la maturité de personne

L’organisation s’interdit d’utiliser Kalisme, l’activation d’un siège ou la maîtrise de son vocabulaire comme un critère d’appréciation : entretien annuel, évaluation, promotion, mobilité, période d’essai, constitution d’équipe, ou toute décision de carrière. Aucun avantage, prime, défi, classement ni communication nominative n’est conditionné à l’usage.

À proscrire

  • « Elle n’a pas encore intégré les principes. »
  • « Il gagnerait en maturité à s’y mettre. »
  • Demander à un encadrant qui, dans son équipe, a activé son siège.

Ce qui reste possible

Rien. L’usage comme le non-usage n’entrent dans aucune appréciation, sous aucune forme, y compris élogieuse : féliciter publiquement les personnes qui pratiquent crée la même contrainte que reprocher aux autres de ne pas le faire.

Il y a ici deux verrous, et un seul est technique. Aucune table, aucune clé, aucun journal ne relie une personne à un contenu ni à un usage de l’application : cette donnée n’existe pas, et personne ne peut la produire, ni vous, ni nous, ni sur injonction. Deux réserves, que nous préférons écrire ici. La première : pour appliquer les plafonds quotidiens de Kal, le serveur qui lui achemine les messages les compte, siège par siège, pour la journée. Ce compte ne contient aucun message, ne sert qu’à la journée en cours, et s’efface ensuite. La seconde : quand l’organisation invite par e-mail, la table des sièges conserve, pour chaque personne, l’adresse à laquelle elle a été invitée, si son accès est ouvert, depuis quand, et sur combien d’appareils. Votre portail vous le montre, avec les invitations encore en attente pendant les trente jours qu’elles durent : c’est ce qui vous permet de renvoyer une invitation, et de retirer son siège à une personne qui quitte l’organisation. L’adresse est effacée quand l’accès prend fin, ou trente jours après la fin du contrat. Rien de ce qui est fait dans l’application n’y figure. Avec un lien d’équipe, aucune adresse n’est conservée. Le verrou humain, lui, n’existe pas : une appréciation n’a besoin d’aucune donnée pour être portée, une phrase en réunion suffit. C’est la raison d’être de cet engagement.

7 · L’organisation traite les causes qu’elle connaît déjà

L’organisation s’engage à ne pas présenter Kalisme comme une réponse suffisante à un risque qu’elle a déjà constaté par écrit : un risque inscrit à son document unique d’évaluation des risques, remonté par son comité social et économique, ou signalé par son service de prévention et de santé au travail. Sur ces constats, et sur ceux-là seulement, elle en examine les causes et informe ses instances de ce qu’elle en fait, que Kalisme soit déployé ou non.

À proscrire

  • « Le sujet est traité, nous avons déployé Kalisme. »
  • Inscrire Kalisme au plan d’action comme réponse à un risque déjà identifié au document unique.
  • Reporter l’examen d’un constat du comité social et économique au motif qu’un dispositif vient d’être mis à disposition.

Ce que cet engagement ne demande pas

Aucun diagnostic nouveau, aucun délai imposé, aucun résultat promis, aucun compte à nous rendre. Le mot qui borne tout cet article est « déjà » : il ne vise que les constats que vous avez vous-même écrits.

C’est le seul engagement de cette charte qui demande d’agir, et c’est ce qui la sépare d’une simple promesse de ne pas nuire. Les 6 précédents empêchent d’instrumentaliser Kalisme, ils n’obligent à rien : une organisation peut les respecter à la lettre et laisser dormir un constat qu’elle a elle-même consigné. Nous ne vérifions pas cet engagement et nous ne le pourrions pas, puisque nous ne voyons rien de ce qui se passe chez vous. Nous l’écrivons parce que cette charte est remise à celles et ceux qui, eux, peuvent le vérifier.

CE QUE CETTE CHARTE N’EXIGE PAS DE VOUS

Elle doit rester applicable

Une charte inapplicable finit ignorée, ce qui est pire qu’une charte absente. Nous précisons donc ses limites.

  • Aucune formation obligatoire, aucun référent à nommer, aucun processus à créer.
  • Aucun reporting vers nous, aucune attestation annuelle à produire.
  • Aucune surveillance de la parole de vos encadrants : cette charte porte sur les actes de l’organisation, communications officielles, entretiens, décisions.
  • Elle n’interdit pas de parler de Kalisme, de le recommander, d’en citer une phrase. Ce qui est visé, c’est de s’en servir contre quelqu’un.
  • Une phrase maladroite n’est pas un manquement. Un manquement est un usage : une décision, une communication officielle, un entretien, une pratique qui se répète.

Signaler un manquement

Qui peut signaler

Tout salarié de l’organisation, tout élu du comité social et économique, tout professionnel de la santé au travail, sans passer par sa hiérarchie et sans en informer l’organisation.

Écrire à ethique@kalisme.com, en indiquant qu’il s’agit d’un signalement au titre de cette charte.

Qui lit

Le message arrive dans une boîte relevée par le fondateur de Kalisme, et par personne d’autre. Ce n’est pas un canal d’urgence : si une personne est en danger, ce sont les services d’urgence, la médecine du travail ou le droit d’alerte qui répondent, pas nous.

Ce que nous faisons

  1. Nous accusons réception par écrit et nous disons les prochaines étapes. L’examen lui-même prend le temps qu’il faut.
  2. Nous ne communiquons pas votre identité à l’organisation signataire ni à sa direction, y compris si elle la demande. Une seule chose peut nous y contraindre, et nous préférons l’écrire : une obligation légale impérative, une réquisition judiciaire par exemple. Si cet anonymat-là compte pour vous, écrivez-nous depuis une adresse qui ne vous identifie pas : un signalement anonyme est traité exactement comme un autre.
  3. Si le manquement est établi, nous demandons la correction par une mise en demeure écrite, avec un délai de 30 jours.
  4. À défaut de correction, nous pouvons résilier le contrat. Les sièges déjà activés vont au terme de leur période payée : un signalement ne retire jamais l’outil aux collègues de la personne qui signale. Les données personnelles, elles, restent sur le téléphone de chaque personne : carnet, conversations, progression de lecture.
  5. Nous retirons toute mention publique de l’organisation, s’il en existe une.

Ce que nous ne pouvons pas faire

Nous ne qualifions aucun fait en droit du travail, nous ne nous substituons ni à l’inspection du travail, ni aux représentants du personnel, ni au service de santé au travail, et nous ne protégeons personne contre son employeur. Nous pouvons cesser de fournir un outil qui sert à mal faire. C’est tout ce que nous pouvons, et nous préférons l’écrire que le laisser espérer.

Ce à quoi nous nous engageons en retour

Cette charte serait malhonnête si elle n’engageait que vous.

  • Nos propres supports commerciaux sont tenus par elle. Un argumentaire qui promettrait un effet sur l’absentéisme, la performance ou la résilience individuelle violerait l’engagement 4.
  • Nous refusons les demandes qui la contredisent, même payantes : accès employeur au contenu, ventilation des lectures par titre, corrélation entre usage et indicateurs de ressources humaines, et, au-delà de ce que le portail offre pour gérer les sièges (engagement 6), tout rapport, tout export ou toute relance des personnes qui n’activent pas leur siège. À la fin du contrat, la restitution que prévoit l’accord de traitement ne porte que sur ces données de gestion des sièges.
  • Le reste de nos engagements figure dans notre charte éthique : isolation de l’employeur, non-revente des données, transparence sur l’intelligence artificielle, absence de promesse chiffrée.

Cette charte est annexée au contrat de siège Kalisme Pro et remise aux représentants du personnel selon les règles du droit du travail applicable. Toute modification est datée, justifiée et publiée : un engagement n’est jamais affaibli en silence. Elle peut être précisée, jamais vidée. Version 1.4 du 08.10.2026 : l’engagement 6 ajoute une seconde réserve, ce que la table des sièges conserve et ce que le portail montre quand l’organisation invite par e-mail ; notre propre engagement en retour est corrigé pour ne plus contredire ce que le portail montre ; l’engagement 5 est reformulé sans changer de portée. Aucun des 7 engagements de l’organisation n’est allégé. Version 1.3 du 29.09.2026 : l’accusé de réception d’un signalement ne porte plus de délai chiffré, la résiliation après un signalement fondé devient une faculté et non plus une obligation, et la remise aux représentants du personnel suit le droit du travail de l’organisation. Elle est rédigée et signée en français : ses traductions sont fournies à titre d’information, et en cas de divergence seule la version française fait foi.

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Kalisme · Hakan Kaynar · version 1.4, octobre 2026.